Elections locales: avertissements avec frais
La campagne électorale pour ces élections locales est
émaillée de heurts fréquents entre différentes factions politiques. La violence notée lors
de cette période de campagne est d’ordre physique et verbal. Des bagarres et
des jets de pierres entre militants de camps opposés ont été notés. Ce fut le
cas à Mbour où des partisans de Sira Ndiaye, candidate de Benno BokkYakaar (BBY),
et ceux de Abdoulaye Tall, candidat de Yewwi Askan WI (YAW) se sont rudement affrontés. A
cet effet, plusieurs blessés ont été dénombrés. La violence verbale s’est aussi
immiscée dans cette période de campagne électorale en témoigne une mise en
garde de Barthélémy DIAS, candidat de YAW à la mairie de Dakar, contre on ne sait
qui. Ce dernier affirmait avant la tenue du scrutin : « soit le
dimanche soir à 22 heures je serais dans mon bureau en tant que maire de Dakar
soit je serais en prison et je ne compte pas aller en prison ».
la violence n'est pas le seul constat fait lors de ces élections. Ainsi, on a
vu le leader du Pastef, Ousmane SONKO, sillonner quasiment toutes les localités
du pays en compagnie des candidats dans leurs villes ou communes comme si ces
derniers ne sauraient pas faire le poids dans leurs territoires. On se croirait
même dans une campagne pour les présidentielles. Eh bien comme on pouvait s’y
attendre, la coépouse de la coalition Yewwi Askan WI n’a pas fait moins.
Beaucoup de candidats de Benno Bokk Yaakaar, très arrogants, annonçaient leurs
victoires respectives avant l’heure en oubliant de quoi demain sera fait. De
même, des sommes mirobolantes d’argent ont été dilapidées durant leurs
campagnes électorales. Le plus sidérant c’est de voir un député de la coalition
Benno Bokk Yaakaar, détenteur de milliards de faux billets et pris en flagrant
délit par les gendarmes, financer et battre campagne pour ses camarades de
coalition. Dans quel pays sommes-nous ?
On aura tout vu lors de ces joutes électorales. Même des combines,
entre membres d’un même parti ou d’une même coalition, consécutives à une frustration
née du fait de ne pas être choisi comme candidat dans une zone au profit d’un
autre. C’est la source d’une haine latente qui a occasionné des scissions au
sein d’un groupe.
Manifestement, nous avons assisté à un simulacre d’élections
locales en ce sens que les politiciens en ont fait un test de rapports de forces
entre pouvoir et opposition. Certains d’entre eux ne s’y sont pas trompés en annonçant
celles-ci comme des primaires avant celles de 2024. Ainsi, quel est l’intérêt
de ce scrutin pour les populations ? Ces élections ne devaient pas être un
combat qui oppose des gladiateurs dont chacun affute son épée pour la
guillotine de son adversaire. C’est simplement un peuple qui choisit un
dirigeant pour la bonne marche de sa localité.
Ces politiciens ont détourné l’objectif de ces locales et ont fait une bataille entre pouvoir et opposition. On en veut pour preuve, des
électeurs qui étaient partis jusque dans les bureaux de vote sans connaitre les
candidats investis par les coalitions et demandent, sans gêne, « ban mooy
liste SONKO bi ?» (quelle est la liste de SONKO ?). Pas étonnant si c’était un
électeur de Ziguinchor mais pour quelqu’un qui habite dans d’autres localités,
c’est incompréhensible ! On aura beau qualifier cela de vote non-objectif
mais en tout état de cause, c’est le choix du peuple et on se doit de le
respecter. Certains sympathisants, membres, ou même militants de BBY se
permettent de charrier le vainqueur de la mairie de Guédiawaye, en l’occurrence
Ahmet Aidara. Ils le caricaturent de fait-diversier ou même de plaisantin. Que
dira-ton d’un candidat qui avait la grande ambition de diriger la ville
prestigieuse de Dakar alors qu’il est mastiqué par un "sexy boy" qui aurait l’âge
de son fils.
Aux nouveaux élus, vous avez du pain sur la planche !
Beaucoup de vos adversaires font des imprécations et se curent les dents pour
rigoler de vos échecs. Le peuple, même s’il vous a élus en faisant fi de
l’acuité de votre programme ou même en vous suivant sur votre fameuse et débile
phrase qui fait office de programme : « kii defu fi dara »
(ce quidam n’a rien fait dans cette localité), il aspire au changement. Les
promesses de campagne, aussi invraisemblables soient-elles, ne sont pas tombées
dans l’oreille des sourds. Nombre d’entre eux ne sachant pas raison-garder se
plaisaient à faire des gageures en leur promettant le ciel et la terre. Les
plus lucides essayeront de se positionner dans le juste milieu entre le ciel et
la terre en tentant, pour le moins, de régler les boulimies foncières entre
autres problèmes majeurs communs au niveau des localités.
Au demeurant, vos populations souhaitent voir celui qu’ils ont élu
se réveiller sous le ciel de leurs territoires et qu’il soit présent sur leurs terres
ne serait-ce que pour connaitre les vrais maux des autochtones afin de les
solutionner. Une mairie est une administration inclusive de proximité et ne se dirige pas par télégestion. Chers dirigeants, la promesse
est une dette et une dette soit vous le payez de votre propre chef soit vous le
payez par force. A bon entendeur, salut !
La violence physique et verbale vient de plus en plus s'incruster dans les habitudes politiques de notre pays et c'est malheureux. Encore merci pour l'étalage et l'éclaircissement de ces faits.
RépondreSupprimerc'est vraiment dommageable pour ce pays. Merci c'est vraiment gentil
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