Elections locales: avertissements avec frais

  


Le 23 janvier 2022 se sont tenues les élections locales au Sénégal. Les sénégalais étaient appelés aux urnes pour élire leurs maires et présidents de conseils départementaux.

La campagne électorale pour ces élections locales est émaillée de heurts fréquents entre différentes factions politiques. La violence notée lors de cette période de campagne est d’ordre physique et verbal. Des bagarres et des jets de pierres entre militants de camps opposés ont été notés. Ce fut le cas à Mbour où des partisans de Sira Ndiaye, candidate de Benno BokkYakaar (BBY), et ceux de Abdoulaye Tall, candidat de Yewwi Askan WI (YAW) se sont rudement affrontés. A cet effet, plusieurs blessés ont été dénombrés. La violence verbale s’est aussi immiscée dans cette période de campagne électorale en témoigne une mise en garde de Barthélémy DIAS, candidat de YAW à la mairie de Dakar, contre on ne sait qui. Ce dernier affirmait avant la tenue du scrutin : « soit le dimanche soir à 22 heures je serais dans mon bureau en tant que maire de Dakar soit je serais en prison et je ne compte pas aller en prison ».

la violence n'est pas le seul constat fait lors de ces élections. Ainsi, on a vu le leader du Pastef, Ousmane SONKO, sillonner quasiment toutes les localités du pays en compagnie des candidats dans leurs villes ou communes comme si ces derniers ne sauraient pas faire le poids dans leurs territoires. On se croirait même dans une campagne pour les présidentielles. Eh bien comme on pouvait s’y attendre, la coépouse de la coalition Yewwi Askan WI n’a pas fait moins. Beaucoup de candidats de Benno Bokk Yaakaar, très arrogants, annonçaient leurs victoires respectives avant l’heure en oubliant de quoi demain sera fait. De même, des sommes mirobolantes d’argent ont été dilapidées durant leurs campagnes électorales. Le plus sidérant c’est de voir un député de la coalition Benno Bokk Yaakaar, détenteur de milliards de faux billets et pris en flagrant délit par les gendarmes, financer et battre campagne pour ses camarades de coalition. Dans quel pays sommes-nous ?

On aura tout vu lors de ces joutes électorales. Même des combines, entre membres d’un même parti ou d’une même coalition, consécutives à une frustration née du fait de ne pas être choisi comme candidat dans une zone au profit d’un autre. C’est la source d’une haine latente qui a occasionné des scissions au sein d’un groupe.

Manifestement, nous avons assisté à un simulacre d’élections locales en ce sens que les politiciens en ont fait un test de rapports de forces entre pouvoir et opposition. Certains d’entre eux ne s’y sont pas trompés en annonçant celles-ci comme des primaires avant celles de 2024. Ainsi, quel est l’intérêt de ce scrutin pour les populations ? Ces élections ne devaient pas être un combat qui oppose des gladiateurs dont chacun affute son épée pour la guillotine de son adversaire. C’est simplement un peuple qui choisit un dirigeant pour la bonne marche de sa localité.

Ces politiciens ont détourné l’objectif de ces locales et ont fait une bataille entre pouvoir et opposition. On en veut pour preuve, des électeurs qui étaient partis jusque dans les bureaux de vote sans connaitre les candidats investis par les coalitions et demandent, sans gêne, « ban mooy liste SONKO bi ?» (quelle est la liste de SONKO ?). Pas étonnant si c’était un électeur de Ziguinchor mais pour quelqu’un qui habite dans d’autres localités, c’est incompréhensible ! On aura beau qualifier cela de vote non-objectif mais en tout état de cause, c’est le choix du peuple et on se doit de le respecter. Certains sympathisants, membres, ou même militants de BBY se permettent de charrier le vainqueur de la mairie de Guédiawaye, en l’occurrence Ahmet Aidara. Ils le caricaturent de fait-diversier ou même de plaisantin. Que dira-ton d’un candidat qui avait la grande ambition de diriger la ville prestigieuse de Dakar alors qu’il est mastiqué par un "sexy boy" qui aurait l’âge de son fils.

Aux nouveaux élus, vous avez du pain sur la planche ! Beaucoup de vos adversaires font des imprécations et se curent les dents pour rigoler de vos échecs. Le peuple, même s’il vous a élus en faisant fi de l’acuité de votre programme ou même en vous suivant sur votre fameuse et débile phrase qui fait office de programme : « kii defu fi dara » (ce quidam n’a rien fait dans cette localité), il aspire au changement. Les promesses de campagne, aussi invraisemblables soient-elles, ne sont pas tombées dans l’oreille des sourds. Nombre d’entre eux ne sachant pas raison-garder se plaisaient à faire des gageures en leur promettant le ciel et la terre. Les plus lucides essayeront de se positionner dans le juste milieu entre le ciel et la terre en tentant, pour le moins, de régler les boulimies foncières entre autres problèmes majeurs communs au niveau des localités.

Au demeurant, vos populations souhaitent voir celui qu’ils ont élu se réveiller sous le ciel de leurs territoires et qu’il soit présent sur leurs terres ne serait-ce que pour connaitre les vrais maux des autochtones afin de les solutionner. Une mairie est une administration inclusive de proximité et ne se dirige pas par télégestion. Chers dirigeants, la promesse est une dette et une dette soit vous le payez de votre propre chef soit vous le payez par force. A bon entendeur, salut !

 

Commentaires

  1. La violence physique et verbale vient de plus en plus s'incruster dans les habitudes politiques de notre pays et c'est malheureux. Encore merci pour l'étalage et l'éclaircissement de ces faits.

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    1. c'est vraiment dommageable pour ce pays. Merci c'est vraiment gentil

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