La lutte sénégalaise tombe de son piédestal !
La lutte sénégalaise fièrement appelée « le sport
de chez nous » connait une phase descendante depuis un certain moment. Les
belles affiches ne font plus saliver grand nombre de personnes. Nous avons fait
notre analyse sur les probables causes qui engendrent cette perte de prestige
de la lutte.
Nous sommes très loin des belles époques de la lutte
sénégalaise. Il ne se passait pas des mois sans avoir de belles affiches qui
tenaient en haleine presque toute une population. Dans les grand-places, les
marchés et les transports en commun chacun y allait de son commentaire. Les
plus jeunes piaffant d’impatience avant le jour-j se mettaient déjà dans la
peau de leurs lutteurs et s’affrontaient. La lutte avait une forte influence
sur les jeunes tant ils idolâtraient certains lutteurs au grand dam de leurs
parents qui désespéraient de voir leurs enfants abandonner précocement l’école
pour intégrer les écoles de lutte.
Nostalgiques sont les amateurs de la lutte de ces
époques où les combats de lutte suscitaient des débats houleux avant et après
ceux-ci. La lutte a perdu son lustre d’antan et pourtant ceux ne sont pas les
belles affiches qui manquent. Une série de facteurs est liée à cela.
Maintenant, les grands combats sont connus du grand
public que le jour-j ou la veille. Un exemple patent le prouve à suffisance.
Aujourd’hui, dimanche 27 mars 2022 se tient un combat opposant deux ténors de
la lutte sénégalaise, en l’occurrence Eumeu Sène et Bombardier et beaucoup
d’internautes sur le réseau social twitter disent l’avoir l’appris aujourd’hui
même.
La lutte auparavant était diffusée sur beaucoup de
chaines de télévision, maintenant la donne a changé. Pour regarder un combat de
lutte il faut soit acheter par carte ou sur des plateformes et cela a fait
perdre de l’audience à la lutte.
La lutte est devenue un « sport business »
pour reprendre le célèbre lutteur sénégalais, Tyson. Cela s’est bien fait senti
dans ce sport car ce qui intéresse les lutteurs ce n’est rien d’autre que le cachet,
l’argent. Il n’y a plus assez d’engagement et d’enjeux pour eux. D’ailleurs beaucoup
de « grands combats » se terminent par un « sans verdict »
ou une victoire par décision arbitrale. Les combats sont devenus fades, loin de
nous la période où la pression montait lorsque les deux lutteurs se dirigeaient
vers l’arène. D’où les précieux conseils d’avant combat du reporter Malick Thiandoum « La pression monte, l’adrénaline monte, ceux qui ont des problèmes
cardiaques abstenez-vous ou prenez du sucre… ». Aujourd’hui les combats
sont devenus tellement insipides que celui qui a des troubles cardiaques ne courrait
aucun risque à les regarder.
Il y a aussi une sorte d’oligarchie qui est à l’origine
de cette décrépitude de la lutte. Il y a un cercle très fermé de lutteurs (lutteurs
VIP) qui ne s’affrontent qu’entre eux et relèguent au second plan les autres. De
plus, les promoteurs n’innovent pas, tous les combats ficelés ont un air de déjà-vu.
Les sponsors ne se bousculent plus pour les combats. Ils
préfèrent injecter de l’argent dans les séries sénégalaises qui capitalisent
beaucoup d’argent.
La covid 19 ayant secoué tous les secteurs n’a pas épargné
la lutte. Il n’y a plus de cachet faramineux et les promoteurs éprouvent des difficultés,
avec la fuite des sponsors, pour monter un combat. Raison pour laquelle
beaucoup de lutteurs se sont lancés en MMA.
Tous ces facteurs font que ce sport bat de l’aile. La
lutte a reçu un coup de poing à bout portant qui l’a mise KO. Quand se relèvera-t-elle
de sa chute ?

T'a parfaitement raison même moi ce n'est qu'aujourd'hui que j'ai appris qu'il y aurait un combat de lutte, le jour-j
RépondreSupprimerBelle et authentique analyse!
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